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Notes de mise en scène

A la suite de mes recherches artistiques sur le Théâtre et la vie, la démarche de l’artiste face à la matière vivante issue des lieux des fractures sociales, et après avoir travaillé dans les milieux les plus défavorisés, c’est, avec enthousiasme et grand intérêt que j’aborde l’écriture de Kebir Ammi. Ce poème dramatique met en jeu la terrible tragédie qui vit cette partie de l’humanité forcée à vivre la violence et l’injustice de la tyrannie des politico-religieuse. D’une brûlante actualité, ce choix n’est plus un choix mais une exigence. L’exigence de ne pas se taire devant la misère et l’injustice du monde contemporain et soulager l’âme de la bien triste réflexion : j’y étais… Moi aussi quand tout ça s’est passé.

La mise en scène met en valeur la structure poétique du texte utilisant la tradition des conteurs, métaphore d’un bagage culturel à transmettre. La scène représente un espace abstrait, hors du temps, évocateur : deux grandes toiles blanches peintes envahissent la scène jusqu’aux spectateurs pour évoquer un endroit du désert où on ne peut plus faire marche arrière ni aller de l’avant, où tout est mirage. Les voix créent des images mentales chez le spectateur ; la parole véhicule les émotions que traversent violence ou délicatesse des gestes. La voix du poète s’élève, voix poétique, étendard de la liberté d’expression. J’ai voulu mettre en scène ce texte comme un acte social de résistance, pour combler un vide et donner la parole à une culture arabe illuminée, seule résistance possible face à une culture obscurantiste, amplement divulguée par les médias.

Le choix artistique est celui de donner libre cours à un moment de dialogue et d’enrichissement en communion avec le public. Un geste vers une vision multiculturelle du monde.

Produzione Origamundi Cagliari, T.ART Paris Milano

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